Les médecins alertent sur le danger des antibiotiques et leur prescription automatique

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En 10 ans, la consommation d’antibiotiques a augmenté de 9%. Une statistique intolérable pour les spécialistes des maladies infectieuses qui affirment que cela pourrait engendrer une épidémie planétaire contre laquelle les antibiotiques ne pourront rien.

« Si la résistance aux antibiotiques continue à progresser à ce niveau d’intensité, sans autre option de soin, il y aura bientôt des infections banales que l’on ne pourra plus soigner », affirme le professeur Eric Sonneville.

Ce dernier fait partie d’un collectif de médecins, conscients de la responsabilité du corps médical et de l’utilisation assassine de ces produits par l’agro-alimentaire, et qui essaye de changer les choses.

« Chaque année on essaie de renvoyer la faute sur les consommateurs, à coup de grandes campagnes de l'assurance maladie, mais ce n'est quand même pas le malade qui tient le stylo du médecin qui prescrit! », s’indigne le professeur.

Ce dernier condamne également l’attitude des éleveurs qui selon lui « Gavent les poulets, les veaux, les lapins, les porcelets mais également les poissons d’élevage, et ce, dans l'impunité la plus totale car les règles sont floues ».

En effet, entre 1997 et 2007, la résistance aux antibiotiques chez les animaux a progressé de 28%alors qu’elle a baissé de 16% chez les humains sur la même période : « La conclusion est simple: il faut avertir les gens, aider les médecins, et surtout légiférer et contrôler d'urgence ce que l'on distribue dans l'alimentation. Comme toujours c'est de la colère populaire et du boycott des produits assassins que viendra la solution », affirme le professeur Sonneville.

« Nous arrivons aujourd’hui à un stade impensable: l’homme risque un jour de décéder d’infections jugées banales il y a encore quelques années, uniquement parce qu’un microbe sera devenu résistant à tous les produits disponibles ».

« Même si un peu d’ordre doit être mis dans l’utilisation médicale des antibiotiques, il est primordial de s’attaquer aux millions de tonnes d’antibiotiques déversées dans la nature, surtout dans le domaine de l’élevage des animaux consommés par l’homme », conclut le professeur.